On ne pouvais pas dire que Klaasje était née sous une bonne étoile, ou que des bonnes fées fussent présentes autour de son berceau le jour de sa naissance!...
Orpheline de père et de mère, la pauvre petite fille fut confiée à une de ses tante, qui se trouvait être une vieille femme dure et avare.
En se chargeant de sa petite nièce, elle avait une idée derrière la tête, elle allait en faire sa servante, et sans débourser le moindre centime.
Aucun sentiment d'amour ni de tendresse guidait la vieille femme, pourtant, Klaasje était si gentille et si douce, il fallait un coeur bien sec pour ne pas s'attendrir devant les risettes de
l'enfant ou ses larmes silencieuses.
Bien vite la petite apprit à redouter sa tante.
La vieille Bellot se réjouissait de voire grandir l'enfant, car peu à peu, elle se déchargeait sur elle de toutes les rudes besognes, et Klaasje à l'âge de huit ans, abattait autant
d'ouvrage qu'une grande fille.
Comme la vieille dame habitait une maisonnette isolée à la lisière d'une grande forêt, elle n'éprouvait aucune gêne à accabler sa nièce de travail: point de voisins curieux, ni d'enfants
rapporteurs.
Ainsi à l'âge où les autres enfants jouent et ne songent qu'a s'amuser, Klaasje levée dès l'aube, devait allumer le feu, tirer du puits profond un lourd seau d'eau, qu'elle ne parvenait, qu'au
prix d'épuisants efforts, à porter jusqu'à la marmite.
Puis elle récurait le carrelage de la cuisine, épluchait les pommes de terre et les légumes, pétrissait le pain, allumait le four pour le cuire.
La petite dormait seule sous le toit, sur un tas de foin, n'ayant qu'une légère couverture, grelottant l'hiver et y étouffant l'été.
En guise de distraction Klaasje ramassait du bois mort, dont la vieille faisait des fagots qu'elle vendait à la ville et au boulanger du village.
D'habitude, la vieille portait elle-même ces fagots sur une brouette.
Or cette année là, à la veille de Noël, elle ne put se lever, la jambe raide par le rhumatisme, a son grand mécontentement, elle dut envoyer la petite à sa place.
Ce fut pour l'enfant une merveilleuse aventure, elle découvris avec ravissement la vitrine du boulanger scintillantes , un beau sapin décoré de jolies boules argentées et de guirlandes givrées.
L'enfant était étonnée de trouver un sapin comme il y en a en forêt , ici dans l'étalage et si beau.
Elle pénétra dans le magasin, Dieu, quelle délicieuse odeur y flottait, une odeur de beignets, de cannelle, d'anis, de chocolat d'oranges et de pommes!
Derrière le comptoir auprès de la boulangère, une belle petite fille lui souriait, elle s'approcha de Klaasje:
Comment t'appelle-tu? D'où vient tu?, tu n'est pas pressée n'est ce pas? nous allons jouer ensemble.
Et la brave boulangère, devinant bien des choses en considérant Klaasje, insista aussi pour qu'elle se réchauffât.
De plus, elle lui fit manger, un beau carré de tarte feuilletée, un gros beignet à la confiture, un fin gâteau de crème au beurre, le tout accompagné d'une tasse de chocolat bouillant.
Klaasje, croyait rêver en dévorant ce goûter délectable qui lui paraissait destiné plutôt aux bienheureux du ciel...
Devant cette béatitude, la boulangère sentait les larmes lui monter aux yeux...Pauvre petite chatte affamée...Cette vieille chipie de Bellot ne lui avait même pas dit qu'une petite nièce vivait
avec elle!
Elle invita la petite à jouer un moment avec sa fille Rika.
Et Klaasje, pour la première fois de sa vie, eut une belle après midi de bonheur, de joie.
Elle put admirer et jouer avec de beaux jouets de Rika, mais se qui l'émerveillait c'était le magnifique sapin.
-Comment? s'étonnait Rika, tu ne savais pas que l'on garnissait un arbre pour fêter le petit Jésus? Toi qui vis au milieu des bois, tu pourrais aussi en arranger un et peut être plus beau que
celui-ci.
"MaIs avec quoi? demanda la pauvre Klaasje"
- Tu pourrais sans doute trouver de jolies choses dans la forêt, en cherchant bien, regarde il y a des étoiles, des oiseaux, des fruits, des fleurs en carton et en verre...
"Tiens,c'est vrai s'exclama joyeusement Klaasje en battant des mains.
Mais il était temps pour la petite fille de retourner chez sa tante, la vieille était furieuse du retard de sa nièce et de l'intérêt qu'on lui portait, défendit désormais à l'enfant de sortir de
la forêt.
Klaasje songeait souvent à l'arbre de Noël et puisque Rika le lui avait affirmé, elle pourrais peut être bien en garnir un l'an prochain?
Elle chercha dans la forêt le plus beau sapin, quand elle eu trouver un sapin plus que centenaire, mais si beau, elle rentra chez elle et la nuit, elle scruta le ciel, afin de trouver une belle
étoile pour mettre au sommet de l'arbre.
Avec les beaux jours, elle découvrit des bibelots ravissants, elle s'étonnait même d'en remarquer autant!
De jolis insectes aussi brillants que des pierres précieuses, elle en mettrait sur les branches, des coccinelles aussi, laquées de rouge et de ces belles libellules aux ailes de tartanes.
Quand à ces superbes papillons citron, orangés, de cuivre ou d'azur, ils feraient grand effet, posés sur de gros flocons de neige...
Elle leur criait:
"N'oubliez pas de revenir sur mon grand sapin, la nuit de Noël!...
Elle invitât tous les oiseaux, les lucioles, les mulots, les grenouilles e t c...
Mais quand l'hiver fut de retour, la petite ne découvrit plus rien, tous et tout avait disparu, alors brusquement, Klaasje perdit courage et pensa:
"Suis-je bête, jamais mon bel arbre n'existera! Ce n'était qu'un jeu!"
Et tout sembla vide et sans espoir à la malheureuse petite fille.
Elle était de plus en plus pâle, affaiblie, toussant et frissonnant continuellement, elle ne parvenait plus qu'aux prix d'efforts exténuants à relever le seau du puits.
La vieille Bellot pouvait bien maintenant lever son bâton et crier:
- Attends un peu, feignante, je vais t'apprendre à te reposer, moi!
La veille de Noël, en se levant, Klaasje songea avec tristesse aux heures bénies, passées l'an dernier, dans la
boulangerie, aux côtés de Rika.
Lorsque la vieille Bellot se leva à son tour, elle s'étonna de n'entendre pas chanter l'eau dans la marmite, sur un bon feu clair, comme chaque jour...
Elle allait se fâcher, lorsqu'elle découvrit, aussi blanche et froide que la neige, Klaasje, étalée de tout son long sur le carrelage de la cuisine.
Ah!...Non, pas de ça!...il ne manquerait plus qu'elle s'en aille ainsi!
Elle ranima l'enfant l'envoya se coucher, il faut qu'elle soit en forme pour demain!
Klaasje s'endormit aussitôt, mais en pleine nuit, elle ouvre grand les yeux...Ne l'a t-on pas appelée?
Elles se soulève sur un coude, prête l'oreille.
Tiens! une étoile brille dans le carré bleu que découpe la lucarne!...
Il doit être tard, mais... mais c'est la nuit de Noël!
Klaasje à nouveau prête l'oreille...Oui, on dirait qu'on l'appelle de la forêt...doucement, mais impérieusement, tout de même...Il faut qu'elle obéisse, qu'elle se lève...aille voir...Mais quoi?
et soudain, elle se souvient...Comment a-t-elle pu l'oublier?...Le sapin!...l'immense, le vieux sapin, qu'elle a choisi, orné de toutes les merveilles des saisons passées!
Il l'appelle au rendez-vous
Et Klaasje, chancelante, se lève marche cherche à tâtons ses sabots..Ah! les voici.
Comme c'est étrange, jamais elle ne s'est sentie aussi légère!...Plus de lassitude, elle à même chaud
Sans bruit, elle descend l'escalier si raide en ouvrant la porte...Là!
Oh!...la belle nuit miraculeuse! il ne tombe plus de neige et le ciel immense est d'un bleu sombre, en diamanté d'étoiles innombrables...
Comme la neige durcie scintille! Les sabots de Klaasje n'y laisse aucune trace, tant pèse peu son corps fragile!...
Oui une belle nuit mystérieuse, avec sa grosse étoile dorée, désignant la divine étable où se trouve couché le petit Jésus..
Oui, la belle, la grosse étoile dorée? Mais non, elle n'est pas dorée, elle a un éclat bleuté et elle est...piquée...juste...mais, oui...juste sur le sommet du grand sapin choisi par Klaasje!
Et! oh! Klaasje sent se briser son coeur d'émotion, il y a...là-bas...au loin, une auréole de lumière, une traînée d'or sur le chemin tout blanc de neige!...
Et Klaasje , rassemblant ses forces, se met à courir, à courir!...Son arbre!...son arbre, Oui, c'est"son arbre de Noël"
Rika l'avait bien dit: elle en aurait un sûrement cette nuit!
Et quel arbre! Klaasje, à sa vue, tombe sur les genoux, anéantie d'admiration!
Le vieux sapin n'est plus qu'un flamboiement de clartés phosphorescentes!Oh!... miracle! ces traînées d'étincelles sur les branches, ces rayonnantes arabesques, sont formées par des milliers et
des milliers de lucioles!..
Oh!...Vous n'avez pas oublier, vous êtes venus! balbutie Klaasje en joignant les mains.
Non, ni les lucioles, ni les papillons, ni les loriots, tous, animaux, feuilles, fleurs, champignons, ils sont tous là!
Éblouie, Klaasje s'agenouille au pied de l'arbre, dans la neige...
Elle s'y trouve bien, comme dans un tas de plumes, non, elle n'a pas froid, elle restera là.
Et tout à coup, elle tressaille...Quelque chose de léger, semblable à un brouillard lumineux ou à une poussière d'étoiles, là, à côté de l'arbre, prenait forme peu à peu...Klaasje lève la
tête...Mon Dieu! cette forme, elle la reconnaît!...
A côté du petit sapin de Rika, un ange de carton déployait de grandes ailes blanches et...ce qu'elle voit...là...c'est aussi un ange, mais un ange immense, aussi haut que l'arbre
gigantesque!...
Son visage sourit au milieu de longs cheveux d'or...Oh! quelle douceur, quelles promesses contient ce divin sourire!
Et Klaasje ne s'étonne pas d'entendre parler le bel ange:
Es-tu satisfaite, ma petite Klaasje? Tu as rappelé du Paradis tout ce qui était en vie cet été dans ta forêt
Et maintenant, ne désire-tu plus rien pour ta Noël? Presse-toi! la nuit miraculeuse va finir...
La nuit où le petit Jésus, plus que les autres jours encore, a pitié des pauvres gens...
Oui, elle avait un désir à formuler...Elle voulait garder " son " merveilleux sapin...Après cette vision, que pouvait-elle souhaiter de plus...
Alors, l'ange, sans mot dire, saisit entre ses doigts de lumière la petite fille, l'assit sur une branche, comme une petite poupée vêtue en Cendrillon, puis cueillant le sapin comme une fleur,
d'un grand coup d'aile s'envola...S'envola dans le beau ciel étoilé, là où les oiseaux chantent toujours, où les fleurs ne se fanent jamais et où Klassje jouit désormais de toutes les
félicités...
Le lendemain, le garde-forestier trouva sur le sol, le sapin centenaire couché, il s'était abattu d'un coup, et cependant, aucun souffle de vent n'avait troublé le calme pieux de la nuit de
Noël...
Fait étrange, la disparition de la nièce de la vieille Bellot, la même nuit, mais voilà, nul ne se préoccupe longtemps d'un vieil arbre déraciné et trop vermoulu pour être utilisé...Et qui
s'inquiète longtemps de la carcasse légère d'un petit moineau dissimulée sous la neige, enfouie sous d'énormes branches?...
Voici donc un 'grand" résumé du conte :Le sapin merveilleux, de la Baronne de Giey
Je ne connaissait pas cet auteur Belge, il y a encore quelques jours, mais je peut vous dire qu'elle m'a aussi transportée dans le pays des rêves merveilleux, je me suis sentie redevenir un
moment une petite fille.
Ce beau livre, reçus de ma vieille voisine, je le garderais précieusement et plus tard,je raconterais ces contes à mes petits enfants.
Je suis certaine qu'a leur tour il serons transporté dans une forêt magique.
Bonne fin de journée
cigalette
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