Chapitre 17
L’année scolaire se poursuit, bientôt les examens, je me promets de m’y mettre à fond, afin, que maman et marraine soient fière de moi.
Chaque jour qui passe, mon cœur déborde de plus en plus de reconnaissance et d’amour pour ces deux femmes qui redoublent d’effort pour m’élever comme leur propre fille.
C’est donc avec application et sérieux que je revois ma géographie, mon histoire, et les calculs, malgré que j’éprouve de plus en plus de difficulté à résoudre les problèmes d’arithmétique.
Les premiers exercices me semblent assez faciles, je remplis mes feuilles d’interrogations, avec aisances, enfin, je dois avouer que la religion, l’histoire et le dessin sont mes cours préférés.
Ce matin, je suis nerveuse car aujourd’hui, il y a interrogation en géographie et en conjugaisons, j’ai mal l’estomac, maman se fâche, car je refuse de déjeuner.
- Oh maman, ne te met pas en colère comme çà, fait moi deux tartines à la confiture, je les mangerais à la récréation, je te le promets.
Elle accepte, mais elle continue de grommeler entre ses fausses dent, pour tenter de l’adoucir, je lui lance :
- Chouette maman, tu as mis ton dentier, tu ressemble vraiment à Fernandel, je t’adore comme çà, et là, j’ai sut que j’avais encore gagné, car elle éclate de rire et me colle un énorme baiser qui provoque un entrechoquement de ses deux râteliers.
« En route jeune fille, tu n’as rien oublié ? Fait attention aux guêpes, quand tu mangeras ta tartine, rappelle toi l’année passée » !
- D’accord, maman, je serais prudente, car je ne pense pas que madame Yvonne aie du vinaigre en classe.
Maman me laisse rejoindre mon amie Nadine et chacune à notre tours, nous répétons nos leçons.
Flûte et reflüte, je confonds de nouveau deux cours d’eau, la Meuse et la Sambre.
La cloche retentit, dans ma poitrine mon cœur joue à saute moutons, tous bas je répète, la Meuse passe à Namur et la Sambre prend sa source en France, elle arrose Hautmont, Maubeuge puis entre en Belgique…
En rendant ma feuille à madame Yvonne, je sens la sueur perlé à mon front, je n’ai pas sut répondre a deux questions sur la Sambre.
Je mange ma tartine du bout des dents, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que je vais redoubler ma quatrième année.
Maman et marraine vont être très en colère, pourvus que, pourvus que… le juge ne soit pas au courant.
Maman m’a expliqué, que je n’étais pas sa vraie fille, mais que c’était le juge de la jeunesse qui m’avait placée chez elles, afin de faire mon éducation et mes études.
Alors après chaque bêtise que je commets, ou mauvaises notes que je reçois en classe, mon estomac se noue et je pleure, j’ai une boule au fond de ma gorge.
Dès que nous sommes à la maison, je m’élance dans les escaliers, et je vais vider mes larmes sur la poitrine de marraine et tout en hoquetant, je lui explique mon problème.
« Comment veut tu ma chérie que monsieur le juge apprenne les résultats de tes examens, ce n’est pas nous qui irons lui raconter, tu le sais bien, nous t’aimons trop pour çà ».
Je suis dès lors soulagée, marraine trouve toujours les mots justes, pour m’apaiser et calmer mes craintes.
La fin des examens approche, l’heure du verdict va bientôt sonner, quel serons mes résultats ?
Le jour de la remise des prix, maman m’a mise ma plus jolie robe, une nouvelle que Ida , la couturière m’a confectionnée.
Elle est en coton de couleur rose pâle avec des pois blanc, un col Claudine, des manches ballons et une ceinture plissée, qui se noue sur l’arrière d’un gros nœud.
Les parents sont alignés dans le fond de la classe, et nous, nous sommes debout à côté de nos bancs.
Madame Yvonne commence la proclamation des prix, d’abord la première année, puis la deuxième et ainsi de suite, j’écoute avec attention, les résultats de mes camarades.
Les lunettes fumées de madame Yvonne lui donne un air très sévère, en plus on ne sait jamais qui elle regarde, car ses yeux sont cachés derrière les verres bruns foncé.
- Marie-Aimée Voirlot, 98 %, Marie-Claire Mandoline, 90 %…
- Aline Barette 58 %…
Je voudrais être invisible, tous les regards se tournent vers moi, dès que je me lève et que je m’approche de l’estrade, je sens des dizaines et des dizaines d’yeux posé sur mon dos.
Je gravis avec lourdeur les deux marches de bois de l’estrade, je fais volte face et je scrute le mur du fond de la classe.
Je sens une chaleur envahir mes oreilles et mes joues, puis mes yeux brûlent et pour finir deux fins ruisseaux dégringoles et vont s’écraser sur ma jolie robe.
Avant de rejoindre maman et marraine, je fais ma courbette de politesse devant madame Yvonne, puis je me précipite dans les bras de marraine, qui caresse mes cheveux en disant :
- Voilà, voilà, c’est tout, tu feras mieux l’an prochain, ce n’est pas si grave de redoubler, et tu verras, avec ce que tu sais déjà et ce que tu va réapprendre, tu seras dans les premières la prochaine fois.
Ah si marraine avait raison, je serais fière alors de traverser la classe, mon prix a la main !
Enfin, maintenant, je compte bien profiter au maximum de mes vacances, car à la rentrée, c’est promis je me donne à fond.
Chapitre 18
Mais que se passe t-il ? J’ai comme dans l’idée que nous sommes en voiture, car ma petite personne est agitée de soubresauts !
Peut être suis-je à nouveau dans un de mes rêves remplis de rires moqueurs ou de personnes qui me montrent du doigt, car depuis la remise des prix, je fais souvent se genre de cauchemars !
Je me vois parcourir une salle gigantesque, où tout le village est réuni, pour se rendre compte de mes mauvaises notes.
Madame Yvonne me demande alors, de traverser le local d’un bout à l’autre, un bonnet d’âne sur la tête et un écriteau pendu à mon cou, où il est noté en grande lettre « Aline est une buse »
J’entends alors des mères qui hurlent « elle ressemble à sa mère, elle sera pleine avant de se
Marier, (enceinte, expression vulgaire du village) elle abandonnera ses enfants, ce n’est qu’une idiote, une traînée.
Ces phrases, je les avais surprise un jour chez le coiffeur, sortant de la bouche d’une mère, dont la fille est un cerveau en ébullition permanante, une élève brillante, toujours première de classe et fière avec çà !
Elle avait débité ces paroles en Wallon, croyant sans doute que je ne la comprendrais pas.
J’aurais voulu ne pas avoir compris le sens de ses mots remplis de haine et d’antipathie, et depuis ce malheureux jour, ces piques sont restées enfouies dans un coin de ma mémoire.
Non je ne rêve pas, je sens que l’on me porte, et j’entends comme des cris d’enfants étouffé et des rires aussi, mais où suis-je donc ?
Petit à petit j’entrouvre les yeux, je regarde autour de moi… mais je ne suis pas dans ma chambre !
J’aperçois à présent deux rangées de lits alignés, recouverts d’une même couverture, et au dessus de la porte un crucifix.
Avec lenteur je me redresse et m’assied sur le lit, ma tête me tourne, pourtant, je me lève et je me dirige vers l’une des fenêtres qui se trouve devant moi.
Je tire une chaise et je me hisse dessus, ainsi perchée j’ai vue sur un parc, où des balançoires et un toboggan sont occupés par des fillettes.
Mais bon sang où suis-je, où sont maman et marraine, soudain j’entends la porte s’ouvrir, et une voix âcre me crie :
« Et alors mademoiselle, on est réveillée, remettez ce siège à sa place et suivez-moi »
Je me retourne et je vois une religieuse les deux bras croisé sur son imposante poitrine, une longue robe où à la base j’entrevois juste la pointe de ses sandales.
Je me presse d’obéir, puis je la rejoins, elle me pousse devant elle en me disant :
- je vais vous présenter à vos nouvelles compagnes, elles sont orphelines ou abandonnées tout comme vous.
Elle frappe dans ses mains et bien vite une nuée d’enfants à peu près du même âge que moi, se rassemble en deux rangs impeccables.
- Je vous présente Aline, elle vient juste d’arriver, elle resteras avec nous jusqu'à sa majorité, comme vous toutes, réserver lui un bon accueil, et faite lui visiter les lieux.
- Dans une heure, inspection des cheveux, et coupe au bol, car une épidémie de poux règne dans l’orphelinat depuis quelques jours.
Non, mais je suis en plein cauchemar, c’est quoi cette histoire, épidémie, poux, orphelinat, je veux retourner chez maman et vite !
J’ignore les autres enfants et je me précipite vers cette porte qui se trouve scellée dans ce long mur gigantesque, je tire sur la poignée, mais en vain, la porte est cadenassée.
Je hurle, je pleure, je crie, ce qui a pour effet d’alerter la none qui retrousse le bord de sa robe et accoure bien vite.
Elle m’empoigne et me porte sous son bras musclé, tout comme un vulgaire sac de pomme de terre.
Elle ouvre avec force une porte et me jette dans une cabine au sol de bêton glacé, là elle ouvre un robinet et je reçois un jet puissant d’eau froide sur moi, mes vêtements sont trempés, je tente de sortir, mais de sa poigne, elle me retient.
- Tuut !tuut ! tu ne sortiras de cette douche que lorsque tu seras calmée, ici sache ma fille, que l’on ne se conduit pas de la sorte, tu n’es plus Aline dès aujourd’hui, mais le numéro quinze !
- Dès que tu seras sèche, je te donne les mominettes avec ton chiffre et tu va aller les coudre sur tous tes vêtements qui sont dans le placcard portant le même numéro, le 15.
Numéro 15…15…15 , je n’entend pas la suite, je m’évanouis et je me réveille à nouveau sur mon lit, dans le grand dortoir , juste éclairé d’une petite veilleuse et où déjà toutes les fillettes dorment a points fermés.
Dans le fond de la pièce, il y a une alcôve, où veille une petite soeur au visage plissé, elle est assise à son bureau et parcours son missel.
Je ne trouve pas le sommeil, une question me hante : comment suis-je arrivée ici ? On m’a certainement donné quelque chose pour me faire dormir, sinon, je ne serais jamais montée dans une voiture sans maman ou marraine.
Maman, marraine comme elles doivent êtres malheureuses, sont-elles loin ? Ou près ? Dans quelle ville ou village je me trouve, j’essayerai de le savoir demain.
Le lendemain matin, quand je me précipite hors de mon lit, car j’ai un besoin plus qu’urgent, je suis rattrapée par sœur Bertrande qui m’empoigne le lobe de mon oreille et me ramène près de mon lit.
« Ma sœur, je doit aller aux toilette s’il vous plait »
- Et bien numéro quinze, vous attendrez votre tour, d’abord la prière du matin.
« Quoi ? Mais ma sœur, c’est pressant, puis maman m’a toujours dit que cela était très mauvais de se retenir »
- Ici, il n’y a plus de maman, vous obéissez aux ordres, un point c’est tout, et si vous vous entêter, vous serez privée de parloir dimanche prochain, est-ce bien clair ?
« Oui ma sœur »
- A présent mes enfants, a genoux devant vos lits et prions ensemble :
- Seigneur, dans le silence du jour naissant…
Les jours suivants, je fais la connaissance de mon institutrice de quatrième primaire, l’école se trouve juste de l’autre côté du mur, chaque classe a sa maîtresse.
Le matin nous partons en rang, deux par deux, une religieuse est désignée pour ouvrir la porte, et deux autres surveillent le rang, afin qu’aucune d’entre nous, ne tente l’évasion.
Je m’efforce pour rester polie et appliquer le règlement à la lettre, car dimanche, maman et marraine viennent me rendent visite, je vais leur demander de me reprendre avec elles.
Un beau soleil brille dès le matin, cela va être une belle journée, les visites sont autorisées le premier dimanche du mois, de treize heures a seize heure, celà se passe dans le réfectoire des grandes de l’autre côté du mur.
En attendant d’être appelée par la mère supérieur, nous patientons dans la salle de jeux.
Dès que la porte d’entrée s’entrouvre et que la mère Stanislas passe sa tête, d’un bond, nous sommes toutes debout.
Si notre numéro n’est pas cité, alors on se rassoit et on surveille la porte.
Enfin j’aperçois les lunettes fumée de la mère supérieur par la porte entrebâillée, elle m’appelle :
- Le quinze, parloir.
Je m’empresse de la suivre, elle m’accompagne jusqu’au réfectoire où se trouve maman et marraine, je saute bien vite à leurs cous, je les embrasse encor et encor.
« Oh maman, marraine, pourquoi vous m’avez mise ici, c’est horrible, je veux rentrer avec vous »
- Ma chérie, nous aimerions bien t’emmené avec nous, mais on ne peut pas, c’est le juge qui a décider de te mettre ici.
« Mais pourquoi, et comment on m’a conduite dans cet affreux pensionnat »?
- Je connais la raison et la façon dont tu as été amenée ici, et plus étrange encore c’est que ta tante Olivia était dans le coup, c’est elle qui nous a demandé, si on accepterait de te laisser quelques jours en vacances dans son couvent.
- Car ton frère y serais également, nous avons donc trouvé cette proposition intéressante, c’est l’occasion a dit marraine que tu fasses plus ample connaissance avec Emile, ton frère.
Marraine continue d’expliquer « Maxime nous a conduit chez sœur Olivia, nous avons dîné, puis nous somme rentrée en te laissant avec ton frère, vous aviez l’air si heureux ensemble.
Mais le lendemain, la tante Olivia, à téléphoner chez Cécile et nous a dit qu’il était inutile de venir te rechercher, car tu n’étais plus chez elle, que le juge avait envoyé une assistante sociale pour te conduire au pensionnat. ».
- Olivia avait reçu l’ordre de mettre un somnifère dans ton dîner, que cela serais plus facile pour t’emmené, sinon, tu risquerais de te débattre ou de t’enfuir.
- Et voilà comment tout cela c’est déroulé, mais d’après Cécile, il y a certainement une personne du village qui a porter plainte chez le juge au sujet de ton dernier bulletin, car, nous avons reçus une lettre, qui justifiais ton retrait de chez nous à cause de tes mauvaises notes.
- Que c’étais pour ton bien, qu’en étant entourée de personnes compétentes, tu aurais plus de chance pour réussir tes études.
Je commence à comprendre, dans tous les villages, c’est ainsi, il y a toujours une personne malveillante qui s’occupe de fourré son nez dans les affaires des autres, qui aime semer la zizanie.
Et bien si elle pense avoir fichu ma vie ne l’air, elle va se rendre compte qu’elle se trompe sur toute la ligne !
Depuis cette première visite de maman et marraine au pensionnat, mes études, se déroulent comme par miracle, je ne double aucune année, je réalise ma quatrième, la cinquième et enfin la sixième sans encombre.
Je réussi mes examens cantonaux, bon je l’avoue je suis reçue sur le fil, en cause, une distraction, j’oublie de remplir une feuille !
Le mois de juillet je pars pour Verte Campagne, chez maman et marraine, dès que j’arrive à la maison, je me précipite en haut pour aller embrasser marraine, mais je découvre le lit vide.
Je descends et je vois maman en pleure, a ma question, elle me répond :
- Marraine est morte il y a un mois, je ne t’ai pas avertie, afin que tu ne rate pas tes examens.
Je veux me fâcher, mais je ne sais pas, le chagrin de maman se mêle au mien, mais la maison n’est plus la même sans marraine.
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bonne soirée
Normalement les épisodes que je vient de mettre et ceux quyi suivrons n'étaient pas prévu, mais plus j'écris, plus certaines images me reviennent, alors je me suis dit que je continuerais, en plus cela me fait du bien de vider ce que j'ai enfoui au fond de moi, durant ces longues années.
Demain je mettrais encore un ou deux chapitres , se seras les derniers.
gros bisous et merci de ta fidélité
Je suis un homme libre !!!
merci et bonne journée
Ton empreinte est très instructive.
Je te laisse mon empreinte sur ton blog , la prochaine sera dans une semaine car je pars pour un séjour au bord de la Loire ..
Gros bisous
Alice
Cet orphelinat quelle horreur, comment peut-on traiter des enfants de la sorte?
bientôt la suite et la fin de Verte Campagne, je relis et je le poste, bisous et bonne soirée