Dans la classe de quatrième primaire, on ne parlait plus que de cela depuis quelques jours, durant les ateliers de travaux manuel.
Trouver une idée de cadeaux pour la fête des mamans, mais cette année, les élèves, voulaient sortir de l’ordinaire.
Elles avaient en tête, une idée, celle de trouver une réalisation qui sorte du classique mouchoir brodé, dessous de verres quelconque, presse papier en plâtre e t c…
Tout cela est dépassé, s’écrie Charlotte, le mouchoir en tissus, a disparus depuis longtemps des tiroirs et des lingères.
Les dessous de verres lance Béatrice, ils sont uniquement réservé aux jours de fêtes, car dans la vie de tous les jours, le bois des tables est protégé par une toile cirée.
Des pochettes à serviettes ? Bah, aujourd’hui on emploie des serviettes en papier jetables, moins de lessive, mais plus de déchet, mais çà c’est une autre histoire, ironise Chantal.
Un compliment écrit avec une plume sur une jolie feuille de papier fleurie et parfumée ?
Un porte-plume et un encrier et même le papier à lettre décoré ? Nous devrions faire les brocantes et les antiquaires pour en dénicher, ils sont remplacés par le S M S et par le courrier électronique, susurre Isabelle.
Chacune y allait de son idée ou de sa critique.
Nous devrions trouver quelque chose d’unique, de rare, du jamais vu, car tout compte fait notre maman est une personne exceptionnelle, souffle Géraldine.
Donc, nous sommes bien toutes d’accord, nous allons dénicher un présent original, inédit, je comte sur vous, dit Josiane.
Quelques jours plus tard…
Hourra s’écrie Marie-Claire, j’ai trouvé, je vais composer une grille géante de mots croisés, ma maman adore ce genre d’énigme.
Superbe idée, répond Louise, moi je crois que je vais décorer cette boite en carton avec des images découpées dans des magasines, où maman pourras ranger ses sachets de tisanes.
Bientôt chacune avait dégoté le cadeau mémorable qu’elle offrirait à sa mère.
Durant les deux heures de cours restant, avant la fête des mamans, chacune se pressaient à terminer sont présent.
Mais dans le fond du local, la petite Fanny est triste, elle réfléchit, « mais quel cadeau je pourrais concevoir pour maman ? »
Pendant ce temps, Marie-Claire avance à grand pas dans la création de sa gigantesque grille de mots croisés.
Les réponses, seule sa maman peut les trouver, car qui d’autre pourrais dire, le surnom de son grand-père, ou qui pourrais dire qui était Gruyère, le chat chéri de sa tante Yvonne ?
Bref, cette grille sur mesure, est faite uniquement pour ma maman et pour elle seule, un petit chef-d’œuvre, dont les mystères ne pourront êtres résolus par une personne étrangère à notre famille.
Que se soit Marinette, Camille, Joëlle, ou Barbara, toutes sont appliquées dans leur ouvrage, par contre Fanny a toujours les yeux rivés sur la fenêtre, comme les jours précédents, elle se concentre, pèse le pour et le contre, examine sa petite bourse : « que faire avec cette menue monnaie? »
La cloche de l’école résonne, chacune se dépêche, emballe sont cadeau dans un jolis papier a fleurs et le range délicatement dans son cartable.
Sur le chemin du retour, Marie-Claire, sac au dos, suit discrètement la petite Fanny, celle-ci se dirige vers la boutique de la fleuriste.
Enfin, pense Marie-Claire, pourquoi, n’a t- elle pas fait comme nous, un cadeau unique, rare ? Une fleur c’est plutôt banale !
Cachée derrière un gigantesque buis taillé en topiaire, Marie-Claire observe attentivement Fanny, la petite fille se dresse sur la pointe des pieds et renifle chaque fleur qu’elle découvre.
Soudain, elle s’arrête devant un vase d’œillet, extirpe son petit porte-monnaie de sa poche et calcule le totale de ces piécettes.
En sortant du magasin, Fanny à son visage illuminé et porte avec fierté ses deux œillets, que la vendeuse n’a même pas daigné garnir d’un papier cellophane.
Marie-Claire, abandonne sa cachette et rejoint Fanny.
- Sent, dit la petite fille réjouie, respire, et discrètement, elle explique :
- Tu vois Marie-Claire, ma maman est aveugle, c’est pourquoi, je ne savais pas quoi lui faire.
Oui, répond Marie-Claire, je comprends, tu as trouvé un cadeau exceptionnelle, le seul cadeau que ta maman pourras apprécier autrement qu’avec ses yeux.
Arrivée chez elle, Fanny dépose les deux œillets roses dans les mains de sa mère.
Et aux coins de ces deux yeux obscurs, des larmes perles et viennent s’échouer dans les cheveux de Fanny, qui entoure sa mère de ses deux petits bras.
« Je t’aime tant maman »
- Moi aussi mon ange, je t’aime, tu es la plus merveilleuse des petites filles.
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